« Il y a des émotions que l’on traverse sans avoir vraiment le temps de les accueillir.
Des événements qui bouleversent, mais auxquels on attend trop vite parfois de « passer à autre chose ».
Et lorsque la grossesse s’arrête avant même les trois mois, il peut y avoir, en plus de la douleur, un sentiment d’illégitimité.
Alors on tait. On minimise. On avance.
On essaye de contrôler le mental mais le corps, lui, vit aussi cette histoire.
Les jambes qui ne nous portent plus.
La respiration qui se modifie.
Un voile qui se place sur la voix.
Le cœur a besoin d’être entendu.
Le corps a besoin d’être considéré. Il a aussi besoin de mots pour prendre conscience. Le mental aussi
Il peut être difficile de trouver sa place dans un deuil que les autres ne voient pas toujours.
Parce qu’une grossesse arrêtée tôt reste une grossesse vécue.
Et une perte, même invisible aux yeux des autres, peut laisser une empreinte profondément réelle. Et pour toujours. »
Célia
