En ce 15 octobre 2026, journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal, je suis à la fois remplie de gratitude pour toutes les magnifiques rencontres qui ont eu lieu mais aussi déterminée à ce que le tabou soit levé !
On parle de plus de 7000 familles par an.
On parle d’1 grossesse sur 4 qui se termine par un arrêt.
On parle de plus de 200 000 femmes et couples qui doivent faire le deuil d’une grossesse.
On parle de 250 000 femmes qui ont recourt à une IVG qui peut aussi être vécue comme un deuil.
Mes photos se veulent garder ce brin poétique. Mais en réalité elles deviennent aussi POLITIQUES !
Je ne prends pas mon appareil pour montrer la douleur. Je prends mon appareil pour montrer le silence qui est imposé à celles et ceux qui traversent un deuil périnatal.
La mort d’un bébé pendant la grossesse ne sait pas être accueilli aujourd’hui dans notre société.
Bien sûr, il y a des espaces de sécurité, des professionnels qui se démènent pour faire évoluer ce tabou, qui se battent pour accueillir au mieux les femmes et les hommes qui traversent cette épreuve. Ils seront nos modèles !
Mais il y a encore tellement à faire !
Avec cette exposition, j’ai voulu à la fois offrir un espace de reconnaissance et de bienveillance à toutes celles et ceux que j’ai rencontrés. Honorer cette vie partie trop tôt et s’offrir une graine de lumière et d’amour dans leur parcours de deuil.
Mais aussi militer pour que les regards changent, que l’écoute soit là peut importe la date d’arrêt de la grossesse, que les femmes soient accueillies avec tout le respect qu’une telle étape de vie demande, que les couples soient soutenus dans le processus de reconstruction, que les professionnels puissent être formés pour continuer à offrir un espace de sécurité dans le chaos de l’annonce.
Est-ce que l’algorithme des réseaux sociaux trompe ma perception de la réalité ?! Je veux croire que le deuil périnatal a pris plus de place et que le train est bien en route !
Vers une exposition nationale pour octobre 2027 pour que la société prenne conscience que ce silence a assez duré !
Anne-Sophie Bender, photographe engagée.
